Situation géographique Chateau Fombrauge
Historique
Vignoble
Notes de dégustation
Location de salles
-  H I S T O R I Q U E   -
C e domaine, de très ancienne origine, a toujours milité pour l'appellation en Europe entière, à une époque ou les 
Saint Emilion ne bénéficiaient pas de leur renom actuel.

En effet, l'histoire de Fombrauge rend compte en même temps de la genèse des Grands Vins dans le Saint-Emilionnais. Ce château est tout à fait à part pour des raisons qui tiennent autant à son ancienneté, à la personnalité souvent exceptionnelle de ses propriétaires depuis la fin du 16ème siècle, qu'aux rôles qu'il joua dans le passé.

Jacques de Canolle, l'un des premiers seigneurs de Fombrauge, acquit la propriété en 1466. Son petit-fils Pierre de Canolle, lui succéda vers 1575. Il était un grand personnage anobli par ses fonctions de trésorier de France et fut reçu bourgeois de Bordeaux. La famille de Canolle détint le château Fombrauge pendant plusieurs décennies. On pense que cette famille de Canolle ou Knolles est issue de Sir Robert Knolles, illustre capitaine anglais, adversaire de Du Guesclin, grand sénéchal de Guyenne, mort en 1407.

Sir Robert Knolles, bataille de flandres XVème.

Au milieu du 18ème siècle, la configuration ainsi que la dénomination du domaine sont précisées dans la carte de Pierre de Beleyme établie par Seguin vers 1750. Les deux principaux domaines de la commune de Saint-Christophe des Bardes, La Roque et Fombrauge, appartiennent  le premier aux Lavie, le second à Dumas de Fombrauge, conseiller du Parlement de Bordeaux et qui se passionnent tous deux pour tout ce qui touche au développement et à la promotion de l'agriculture.

Le conseiller Dumas est un membre actif de la "Pépinière", club Physiocrate Bordelais (disciple des thèses du Docteur François Quesnay, fondées sur la connaissance et le respect des "lois naturelles" et donnant la prépondérance à l'agriculture), club créé dés 1760 et qui devient une véritable école d'application pour l'agriculture. Le domaine viticole de l'actuel Château Fombrauge bénéficie dès lors de tous les talents pour que soit assurée sa mise en valeur.

A une époque ou l'activité agricole à travers les métairies de la région était surtout céréalière, le rôle précurseur de Fombrauge s'explique aussi par les liens étroits existant entre la famille Dumas de Fombrauge et la famille des Canolles, issue de la Seigneurie de Lescours, et qui possèdent aussi, à Saint Emilion, le Cru de Belair.

Dumas va participer avec eux à la création de la première viticulture de qualité à travers le domaine de Fombrauge. Ils mettent en pratique en matière d'encépagement, de travail de la vigne, de sélections de parcelles et de vinification, les techniques les plus modernes et souvent de manière expérimentale. Leur réussite sera exceptionnelle. Il est à noter que la famille Gaudichau, régisseurs de père en fils, a supervisé Fombrauge et Belair pendant plus de 30 ans et se livrèrent aussi à des expérimentations très fécondes.

C'est cet empirisme viticole mené de front sur ces deux domaines par les Canolle à Bélair et Dumas à Fombrauge qui devait donner naissance, sur des terroirs privilégiés, au concept de Grands Vins à Saint Emilion. L'esprit de comparaison et la prise en compte de l'aptitude au vieillissement des vins issus de différentes parcelles sont tout à fait remarquables. Ceci montre qu'on avait eu très tôt à Fombrauge l'ambition et les moyens de produire de Grands Vins.

La réussite commerciale alla de pair. Dans la première moitié du 18ème siècle, les vins du "Cru de Dumas" étaient commercialisés en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. On mesure là la position très avancée de ce domaine par rapport à Saint Emilion ou moins de 10 crus disposaient d'une certaine notoriété dans une appellation qui comptabilisait à ce moment là un immense retard sur les "paroisses" du Médoc. En cela, Fombrauge faisait exception.

Cette ambition se poursuit au 19ème siècle avec Ferdinand de Taffard qui, avec quelques autres propriétaires, pilotent l'opération du Comité Viticole de Saint Emilion pour présenter à l'Exposition Universelle de Paris une "collection" de 36 crus qui obtint en 1867 la Médaille d'Or. Ferdinand de Taffard s'attacha à  mieux adapter l'encépagement de Fombrauge à ses différents terroirs, adaptation qui fut poursuivie par les propriétaires successifs jusqu'a la fin du 19ème siècle.

La famille Bygodt rachète le domaine en 1936. Fombrauge prend alors un nouveau départ car cette famille entreprend les premières modernisations des chais traditionnels et renoue avec la tradition des premiers pionniers Saint Emilionnais. Ce que la nature octroie à Fombrauge presque un peu trop généreusement, doit être corrigé par les nécessaires disciplines en matière de rendement et de sélection des parcelles.

En 1987, la famille Bygodt vend la propriété et Fombrauge devient alors le fleuron d'une grande maison de négoce danoise, la maison Hans Just à Copenhague. Monsieur Flemming Karberg exploite le domaine pendant 12 ans et Fombrauge se tourne alors exclusivement vers les marchés scandinaves et se fait quelque peu oublier du négoce bordelais.

La chartreuse avec ses dépendances

L'acquisition de Fombrauge en mars 1999 par Monsieur Bernard Magrez redonne à ce grand cru de Saint Emilion un nouvel essor tant sur le plan de la qualité du produit en y apportant la rigueur de son savoir faire, que sur le plan de la communication en ré-ouvrant les portes de Fombrauge à la place bordelaise.

Les chais et la chartreuse sont en cours de restauration pour permettre un accueil de qualité. On peut penser que le cadran solaire, daté de 1679, planté dans la cour du château, symbolise la continuité et la patience des hommes de la vigne.


CHATEAU FOMBRAUGE - SAINT-CHRISTOPHE DES BARDES - 33330 SAINT-EMILION - FRANCE
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