Une terre, un défi

Le Château Fombrauge s’étend sur une surface totale de 75 hectares, dont 58 hectares plantés en vigne, répartis sur trois communes de l’appellation Saint-Emilion : Saint-Christophe des Bardes, Saint-Etienne de Lisse et Saint-Hippolyte.

Le terroir

Le Château Fombrauge est situé sur le prolongement du plateau et des coteaux calcaires de Saint-Emilion, sa vaste superficie favorise une diversité des sols et des expositions qui confèrent au vin de Fombrauge sa complexité et son identité.

Tout d’abord la première ligne du plateau principal un relief typique du vignoble Saint Emilion sur laquelle se situe Fombrauge et qui est le résultat de l’érosion partielle des formations tertiaires par les rivières qui l’entourent (la Dordogne, l’Isle). La structure de cette partie est principalement composée de calcaires à astéries provenant du Tertiaire.
Le versant sud particulièrement qualitatif est constitué d’argiles blanches où les formations tertiaires ont résisté à cette érosion. On trouve des plateaux calcaires en position perchée, entourés de versants sur lesquels affleurent des roches tendres molassiques (argile mélangé au calcaire)

L’encépagement

Pour le blanc, l'encépagement se compose de 40% de sémillon, 30% de sauvignon blanc et 30% de sauvignon gris. Pour les rouges, l’encépagement est de 77% de merlot, 14% de cabernet franc et de 9% de cabernet sauvignon.
A Saint Christophe des Bardes, nous avons un sol à dominante argilo-calcaire.
A Saint Etienne de Lisse, au sud-est de Saint Christophe des Bardes, se trouve le plateau de Niort et son site archéologique. Là-bas, le terroir est exceptionnel car sur des calcaires à astéries recouverts de molasse de l’agenais.
Enfin, à Saint Hippolyte où se trouve le chai de Magrez Fombrauge et nos vignes en terrasse, le sol dominant est argilo limoneux.

La moyenne d’âge des vignes du Château Fombrauge est de 35 ans, la densité de plantation est de 6600 pieds par hectare.
Le rendement moyen est de 35 à 40 hectolitres par hectare pour les rouges hormis « Magrez Fombrauge » dont le rendement est de 25 hectolitres par hectare.
En ce qui concerne le blanc, le rendement moyen est plus faible, environ 30 hectolitres par hectare.

La conduite des vignes

La conduite du vignoble est traditionnelle.
Toutes les opérations se font manuellement. Nous avons créé une sorte de "carte d’identité" de chaque parcelle, ses points faibles et les points forts sont répertoriés, de manière à travailler chaque parcelle individuellement pour qu'elle fournisse le meilleur raisin possible.
Nous maîtrisons donc tous les travaux : l’enherbement, l’échardage et l’effeuillage pour améliorer la qualité de nos raisins.
Nous réalisons aussi des vendanges vertes, c'est-à-dire que nous coupons certaines grappes ou des portions de grappes pour ne garder que les meilleures et baisser le rendement.
Les vendanges se font manuellement dans des petites cagettes pour ne pas abîmer le raisin.

La vinification

Avant la vinification, les grappes sont triées deux fois, pour ne conserver que les raisins les plus murs et les plus sains.

Suite à ces opérations, nous entamons la macération à froid. Pour cela nous rajoutons de la
carboglace dans la cuve pour refroidir le raisin à environ 8°C. Cette action permet la libération des arômes primaires, c'est-à-dire des arômes du fruit, qui sont contenus dans la peau. Cette macération à froid dure environ 9 à 10 jours et empêche le démarrage de la fermentation alcoolique.
Pour faire démarrer la fermentation alcoolique, nous allons progressivement faire remonter la température à 18°C, température à laquelle se déclenche la fermentation alcoolique. On insère des levures dans les cuves pour s’assurer de son déclenchement.
Pendant cette fermentation, des pigeages vont être effectués toutes les 6 heures, pendant 15 jours. Cela consiste à l’aide d’une pige (grande tige en inox fini par un cône), à casser le chapeau de marc au fond de la cuve. Ainsi le vin s’imprègne des tannins, des arômes secondaires et de la couleur que rejette le marc.
Dans la cuve, il y a donc deux parties qui se forment :
- une partie solide (environ 30%) qui remonte, appelée le chapeau de marc, constitué de la peau et des pépins des raisins.
- une partie liquide, le moût (environ 70%)

S’en suit la macération finale entre 7 et 15 jours, où le vin va s’imprégner du marc, puis l’écoulage, le vin va être écoulé par gravité en barrique pour réaliser la fermentation malolactique. Il est effectué lorsque nous jugeons que le vin est suffisamment concentré.
Le pressurage : Une fois que l’écoulage est fait, on récupère le chapeau de marc et on le presse. On obtient alors le vin de presse que l’on met aussi en barriques.
Nous séparons les premiers jus des derniers, et suivant la qualité de ces jus, nous les gardons ou nous les envoyons à la distillerie.
C’est maintenant que commence la fermentation malolactique. C’est un phénomène naturel réalisé par des bactéries. Elle peut durer de deux semaines à 4 mois et se fait à une température de 20°C. La fermentation malolactique c’est la transformation des acides maliques en acides lactiques. C’est grâce à elle que le vin perd son excès d’acidité.
A la fin de cette fermentation on dit que le vin est fin.

L’élevage

Au Château Fombrauge, nous utilisons 50% de barriques neuves et l’élevage dure de 18 à 20 mois. Nous nous retrouvons donc avec deux millésimes à stocker en même temps, c’est pourquoi nous avons plusieurs chais pour stocker, dont un qui est souterrain.

Pendant l’élevage nous réalisons différentes opérations, comme le ouillage, qui est l’action de compléter en vin la barrique car une petite partie est absorbée par le bois. C’est ce que l’on appelle la part des anges.
Nous réalisons aussi des soutirages, qui permettent de décanter et d’aérer le vin pour éliminer les dépôts et clarifier le vin.
Vient ensuite l’assemblage, il se fait juste avant la mise en bouteille.
Pour finir, vient la mise en bouteille qui se déroule courant juillet. Nous conservons les bouteilles pendant 2 mois pour que le vin se repose de la mise.